Article magazine Edith

© Léonard de Serres © Léonard de Serres

 

Dans « Les ateliers de Charly », les jeunes (et les moins jeunes) sont invités à laisser libre cours à leur imaginaire. Charlotte est là pour donner les outils, guider, encourager et expliquer. Mais surtout pas juger les œuvres de chacun…

De grandes feuilles blanches punaisées tout autour des murs de la salle, eux-mêmes recouverts de papier pour ne pas les abîmer – et de manière à laisser les peintres libres de dépasser les bords. À disposition, 18 pots de peinture de couleurs différentes et 54 pinceaux. Et pour accueillir tout le petit monde, l’aider et le guider, Charlotte Faber, dite Charly, créatrice des ateliers du même nom basés sur une pédagogie développée par Arnaud Stern. C’est lui qui, dès les années 50, a mis au point cette méthode – les grandes feuilles aux murs pour peindre debout et sans entraves – dont le but est de débloquer la créativité de chacun, quel que soit son âge, même si ce sont les enfants qui constituent le premier public de Charlotte/Charly. « Laisser libre cours à la créativité, ça ne signifie pas qu’il n’y a pas de cadre, insiste la jeune femme de 36 ans. Mais on n’a pas peur de salir, on a le nombre de feuilles que l’on veut, on se place librement, on ne juge pas les autres et on n’est pas jugé. » Dans le même ordre d’idée, la production de chacun reste à l’atelier pendant un an : « On est dans le moment à soi, il ne faut pas que l’adulte dise :Fais-moi un joli dessin pour me l’offrir.” » De plus, si le résultat est important, là n’est pas le principal. « Le cheminement pour y arriver l’est tout autant », estime Charly.

Énergie canalisée

Cette démarche répond aux attentes de parents qui recherchent tout simplement un atelier de création artistique pour leurs bambins – mais pas seulement, le public de Charlotte étant âgé de 3 à 70 ans ! – ou qui veulent quelque chose de différent, un endroit où l’enfant arrivera à mieux s’exprimer, à développer la confiance en soi. « Il y a parfois des hyperactifs, ou des dyslexiques qui progressent grâce à cette méthode, relate Charlotte. Il y a énormément de concentration, les enfants tiennent très bien en place. »

Chacun dessinant ce qu’il veut, la production est extrêmement variée. « On voit peu de choses liées à la télé, remarque Charlotte. Beaucoup de maisons, de nature, de couleurs. On ne copie pas, il faut vraiment que ce soit personnel, mais en regardant ce que fait mon voisin, je peux voir quelque chose qui me plaît et me lancer sur un thème… »

Installée en tant que tel depuis trois ans, Charlotte envisage de compléter sa palette, déjà bien étendue – elle intervient aussi dans les écoles ou les relais d’assistantes maternelles – avec l’art-thérapie. Et, en plus des séances et des stages organisés à Vouvray, elle va investir un nouveau lieu à Tours. À vos pinceaux !

www.ateliersdecharly.fr

Charlotte Faber, artiste

« Les ateliers de Charly » occupent bien leur créatrice, mais Charlotte Faber exerce une autre activité : celle d’artiste-peintre, un métier dont elle rêvait depuis toujours. « Mais on m’a toujours dit que ce n’était pas une profession, alors j’ai fait d’autres choses en parallèle… » Du graphisme publicitaire en l’occurrence, à Paris puis à Tours.

Sa première expo a eu lieu à Tours en 2005, d’autres ont suivi. Les visiteurs peuvent alors apprécier son style abstrait, qui tranche nettement avec le figuratif qu’elle a appris à l’école, il y a une quinzaine d’années…

Un grand merci à Sébastien Drouet pour son article dans le dernier Edith Magazine avril 2015

http://edith-magazine.com/charly-et-la-pedagogie/